Procès pour détournement de navire

JUSTICE

19/11/2009 | 15:19 par hélène bouyé avec Afp

Procès pour détournement de navire

- Le "Pascal Paoli"  au large de Bastia, en approche les hélicoptères du GIGN - France 3 Méditerranée -

Le "Pascal Paoli" au large de Bastia, en approche les hélicoptères du GIGN

© France 3 Méditerranée

Quatre syndicalistes devant la justice pour s'être emparés d'un cargo mixte de la SNCM en septembre 2005

En correctionnelle, le procès des quatre marins jugés pour séquestration de personnes lors du détournement du cargo mixte Pascal Paoli dans le port de Marseille a débuté ce matin. 

"Nous sommes sereins", a déclaré juste avant l'ouverture du procès Alain Mosconi,
secrétaire national du Syndicat des travailleurs corses (STC) au moment des faits.

Il comparaît libre comme ses deux frères Jean-Marc et Patrick ainsi que Félix
Dagregorio.
 Les quatre hommes sont poursuivis pour usurpation de commandement et séquestration
de personnes, dont le capitaine du navire, et encourent dix ans de prison. Le chef de détournement d'un navire, pour lequel ils avaient dans un premier temps été mis en examen et pour lequel ils risquaient 30 ans de prison, a été abandonné au cours de l'instruction. De son côté, la SNCM avait rapidement retiré la plainte qu'elle avait déposée. 

 

 

Dès l'ouverture du procès, les débats ont porté sur les vives tensions liées au
mouvement syndical initié par la CGT, qui paralysait depuis plus d'une semaine
le port de Marseille ainsi que le trafic entre l'île et le continent. La CGT, majoritaire,
protestait contre le projet de privatisation de la SNCM et l'arrivée à hauteur de 100% d'un fond de pension américain.

Dans ce contexte social "où l'état d'esprit était dégradé", "il n'y a eu aucune préméditation" de détournement, a affirmé Alain Mosconi. "L'important pour nous était de préserver un service public de continuité territoriale" et d'"interpeller les élus corses". 
Au matin du 27 septembre 2005, lors d'une rencontre avec le directeur de l'armement
de la SNCM, Alain Pontoizeau, Alain Mosconi, dont le syndicat ne participait pas
à la grève, avait réclamé en vain un navire pour permettre aux salariés corses
de rentrer chez eux.
 M. Mosconi et ses trois compagnons avaient alors gagné avec plus d'une trentaine
de personnes la passerelle du Pascal-Paoli pour une réunion
syndicale où aurait germé l'idée de s'emparer du navire "pour le rendre à la Corse".
L'opération s'était soldée par l'intervention du GIGN.
  Selon M. Pontoizeau, entendu jeudi comme témoin, "la SNCM n'avait pas les mains
libres", les décisions venaient de "plus haut que la préfecture" et une des craintes
était que "le conflit se déplace sur la Corse, c'est pour ça qu'ils ne voulaient
pas rapatrier les bateaux là-bas".
 En fin de matinée, le débat s'est déplacé sur les menaces exercées ou non sur
le commandant du Pascal Paoli et sur le chef mécanicien,
restés à bord.
 Le procès doit durer deux jours.

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