Les centristes-démocrates se sont toujours rêvés arbitres, et les voila,même chez nous ,rattrapés sur leur gauche par les Verts, et sur leur droite par le Nouveau Centre de la majorité présidentielle, incarné à l'est de la région par le toujours très en cour au Palais Bourbon comme à l'Elysée Rudy Salles.
La stratégie d'alliance avec le PS, lors de l'élection municipale partielle à Aix en Provence dés le premier tour, et plus tôt au second tour de scrutin à Marseille avec le tout puissant Jean-Noel Guerini contre Jean-Claude Gaudin, n'a pas vraiment convaincu.
Jean-Luc Bennhammias, ex vert et toujours député européen mais sous la bannière orange de François Bayrou, pensait avoir trouvé le candidat idéal en la personne de François-Xavier de Peretti. L'aixois, pure produit de la famille centriste, l'ancien allié de l'UMP Maryse Joissains avant de devenir son plus farouche adversaire, pouvait séduire ces électeurs de droite modères affolés par l'empressement sarkozyste, ou par son incarnation la plus droitière en la personne de Thierry Mariani, tête de liste UMP choisi directement par le Président et adoubés après coup par un comité politique ad hoc. A de Peretti de rallier en vrac les partisans provençaux de Dominique de Villepin, les anciens jeunes giscardiens niçois ou les toujours modérés haut-alpins.
Dans son projet de campagne, Jean-Luc Bennhammias se chargeait de la caution verte et citoyenne.
Patatras, les Verts sortent du bois
Plus question d'alliance dés le premier tour avec le président sortant de la région le socialiste Michel Vauzelle, les Verts partiront seuls au combat. Ils sortent même de leur chapeau une carte maîtresse, dans une région pas très sensible aux revendications environnementales, mais plutôt à la fibre sociale et citoyenne. Elle s'appelle Laurence Vichnievsky, elle a fait trembler plus d'un élu au chapitre des affaires, l'ancien bras droit d'Eva Joly incarne le renouveau de la vie politique à elle toute seule, une "incorruptible" toujours prête à rappeler à de potentiels alliés de second tour le besoin de probité et d'exemplarité en matière de gestion publique.
Deuxième coup pour les centristes:Une possible troisième élection municipale à Aix. "Prétexte" disent les mauvaises langues du Cour Mirabeau. François-Xavier de Peretti croit à une issue favorable au recours d'Alexandre Medvedowsky.
Le socialiste est persuadé d'une nouvelle annulation du scrutin; au regard du faible nombre de voix l'opposant en juillet dernier à Maryse Joissains. De Peretti se retire de la campagne des régionales pour se concentrer sur la bonne ville du bon roi René.
Le marseillais Christophe Madrolle est un temps pressenti pour prendre les commandes. Inconnu, au delà de Garlaban, il est conscient de ses faibles chances. Le Président du Modem a une autre idée: ouvrir à la société civile. Sur place, François Bayrou est venu personnellement remettre de l'ordre dans la maison centriste. Le député du Béarn, cependant n'est pas allé au delà de son idée, sur place à Aix-en-Provence en ce début janvier. Qui de la société civile est prêt à relever le gant? Silence, on réfléchit. Mi-Janvier après les vœux, François Bayrou revient sur place pour donner le nom de l'heureux (?) élu. (XC)